Ramsay Rankoussi: «Nous souhaitons que le Maroc devienne le marché n°1 pour Radisson en Afrique»

Ramsay Rankoussi : «Nous souhaitons que le Maroc devienne le marché n°1 pour Radisson en Afrique»

Porté par les ambitions du Maroc à l’horizon 2030, Radisson Hotel Group accélère fortement son développement dans le Royaume. Ramsay Rankoussi, Regional Chief Development Officer, explique pourquoi le Maroc est devenu le pilier de la stratégie africaine du groupe, avec l’objectif de doubler son portefeuille d’hôtels et d’en faire son premier marché sur le continent.

Finances News Hebdo : Radisson Hotel Group est présent dans de nombreux marchés africains. Pourquoi le Maroc occupe-t-il une place à part dans votre stratégie régionale ? Combien d’établissements Radisson compte-til aujourd’hui au Maroc ?

Ramsay Rankoussi : Le Maroc est un point d’entrée entre le nord et le sud, entre deux continents qui se rencontrent. À savoir que Radisson aujourd’hui, c’est l’un des groupes les mieux implantés en Europe. Dans le vieux continent, nous avons plus de 500 hôtels. Radisson a une forte présence au Maroc, et le Royaume est un pont entre les deux continents, l’Europe et l’Afrique. C’est un point de rencontre stratégique à cause de sa proximité avec le marché européen, mais aussi le marché africain. L’accélération enregistrée au cours des deux à trois dernières années, portée par la vision de Sa Majesté et la profonde transformation du secteur touristique marocain, a permis à Radisson de changer d’échelle. Alors que le groupe ne comptait qu’un seul hôtel à Marrakech en 2019, il en exploite aujourd’hui une quinzaine à travers le Royaume.

Cette accélération a été soutenue par les ambitions du pays, mais aussi parce que le Royaume a gagné en termes d’image, notamment grâce à la Coupe du monde 2022 et à la CAN 2025. Il en a résulté une image internationale d’un pays qui a beaucoup à offrir et que les gens peuvent connaître. Dorénavant, ce ne sont pas seulement une ou deux villes qui suscitent l’intérêt, mais plusieurs. Et c’est cette réponse qui a permis à Radisson de reconnaître les enjeux et le potentiel du marché. Cette vision 2030 est soutenue par l’infrastructure publique, notamment au niveau de l’export, du transport, de la LGV, etc. Et c’est justement ce qui permet au tourisme de grandir. A l’horizon 2030, nous envisageons d’avoir 30 hôtels dans le Royaume, donc de doubler le portefeuille actuel. Nous souhaitons que le Maroc devienne le marché numéro un pour nous en Afrique.

 

F. N. H. : Quel regard portez-vous sur la maturité du marché hôtelier marocain en 2026 ?

R. R. : Aujourd’hui, il existe une maturité notable à Marrakech parce que la ville ocre est celle qui est la plus prisée au niveau touristique. Même s’il fut un temps où elle était beaucoup plus saisonnière qu’elle ne l’est aujourd’hui. Dorénavant, Marrakech a réussi à se convertir en une ville de loisirs, qui récupère aussi les Marocains résidant à l’étranger en été. Mais aussi une ville de congrès, d’affaires, de séminaires qui permet justement à de grandes entreprises de venir. À Marrakech, vous avez une meilleure infrastructure, un aéroport un peu plus récent et plus élargi. Cette infrastructure permet le succès de cette ville, quitte à dire qu’aujourd’hui, il n’y a pas de places ni assez d’hôtels. Casablanca est par contre en train de se transformer. Elle dispose du premier aéroport international du pays. Le défi est de trouver comment la transformer pour qu’elle devienne diversifiée, pas seulement une ville de passage, mais pour que les touristes y restent. À Casablanca, nous exploitons déjà deux hôtels et plusieurs autres projets sont en cours de réalisation, notamment à Casablanca Finance City (CFC).

Cet établissement de près de 380 chambres a vocation à devenir une référence dans la métropole. Il intègrera également un vaste espace de conventions, une infrastructure dont Casablanca a besoin pour enrichir et diversifier son offre touristique. Sur les autres villes, la maturité est à deux échelles, celle de la demande domestique où le Marocain cherche à visiter son propre pays. Mais il existe un besoin dans l’aérien sur certaines villes du nord. C’est un des enjeux stratégiques du pays, il faut travailler sur l’aérien et l’infrastructure. Et celle de l’économique, où certaines villes industrielles ont du potentiel qui permettra à certains segments d’hôtels, soit du 3 ou 4 étoiles, d’existe. Il faut donc anticiper l’élan économique, puisque beaucoup de personnes sont en train de miser sur le Maroc, d’où une forte demande d’affaires. Ainsi, nos villes prioritaires sont claires. Nous souhaitons consolider notre présence à Casablanca, agrandir notre offre à Marrakech, d’ailleurs nous avons un deuxième projet en cours dans la ville ocre. Rabat figure parmi nos priorités de développement. Nous y avons déjà annoncé un projet à Rabat Technopolis, mais notre ambition est également de nous implanter à Rabat-Salé ou à Rabat-centre. Après, il y a Tanger qui est aussi prioritaire.

 

F. N. H. : Dans votre développement, vous visez le segment du luxe, mid-scale, ou plutôt les deux. Quelle marque du groupe a vocation à dominer au Maroc

R. R.  : Chez Radisson, nous avons 9 ou 10 marques et au Maroc, nous en développons 5 ou 6. Sur le segment d’entrée de gamme luxe, nous avons Radisson Collection. Radisson Blu est notre marque la plus forte, c’est plus de 500 hôtels dans le monde, 200 en Europe. Au Maroc, il y a celui de Casablanca, et de Marrakech avec un deuxième en cours. Nous avons les futurs hôtels de CFC et de Bouskoura. Radisson Blu est une des marques premières sur le continent africain. Ensuite, nous avons Radisson Red, notre marque 5 étoiles lifestyle, présente au CFC, puis le Radisson 4 étoiles dans le quartier Gauthier, et le futur hôtel de Rabat Technopolis. Radisson est une marque qui, économiquement, est plus valorisée sur le coût de financement ou celui de la construction.

Sur le plan de développement à forte expansion, c’est déjà la marque numéro 1. Et au Maroc, nous cherchons à le devenir aussi. Nous avons d’autres marques, à plus de valeur mid-scale ou économique. Certaines destinations vont certainement s’ouvrir sur le balnéaire, le luxe ou l’entrée de gamme, et nous serons probablement sur du Radisson Blu ou du Radisson Collection. Sur certains hôtels urbains ou des hôtels en zone économique ou industrielle, nous allons nous positionner sur du Radisson 4 étoiles, Radisson Red est notre marque lifestyle. Nous souhaitons l’implanter à Marrakech, une destination qui correspond parfaitement à son identité. Le concept de Radisson Red s’apparente à une véritable galerie d’art, mettant en valeur l’artisanat, la création contemporaine et l’expression artistique locale.

 

F. N. H. : Marriott, Hilton, Accor sont déjà solidement ancrés ici au Maroc. Quelle est la proposition de valeur distinctive de Radisson sur ce marché déjà très concurrentiel ?

R. R.  : Certains de nos concurrents sont présents historiquement au Maroc, probablement depuis 50 ans, mais pour d’autres non. Aujourd’hui, Radisson a déjà plus d’hôtels, et cela démontre l’accélération que nous avons prise en amont, en anticipant justement la trajectoire du Maroc. L’enjeu de Radisson au Maroc n’est pas seulement de croître ou de gagner en volume, mais d’avoir réellement une proximité de marché, c’est-à-dire d’être à proximité des propriétaires, de nos clients, de nos partenaires locaux, mais aussi des entités et des autorités locales et gouvernementales. Pour cette raison, nous avons nommé un cadre à la tête des opérations, qui est fortement reconnu au Maroc et qui est proche de la vision du tourisme. Derrière lui gravite toute une équipe, toute une structure commerciale.

Radisson ambitionne non seulement à s’implanter, mais aussi à être dans la continuité et dans le partenariat. Par rapport à notre plan de développement, nous cherchons à être un acteur privilégié de l’institutionnel, tout autant du secteur privé et d’être des partenaires de gens locaux pour avoir un impact local. La marque, c’est une question de fidélité et de reconnaissance. Ensuite, c’est d’être dans la création de valeur, en étant légitime dans ce que le coût de construction va être pour notre investisseur, par rapport à l’emplacement que nous allons choisir, et légitime par rapport au consommateur. Nous ne ciblons pas le grand luxe, qui n’est pas spécialement rentable, ni l’économique. Nous sommes dans une gamme où nous pensons être fortement reconnus. Nous avons une présence dominante sur le continent africain, qui est un marché secondaire pour le Maroc. Vu l’ambition du Royaume et la vision 2030, nous avons une formule gagnante. Et c’est pour cela que nous nous permettons de faire confiance non seulement à Sa Majesté, mais aussi au potentiel du Maroc.

 

 

 

 

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