Renouvellement du cheptel : le long chemin vers l’accalmie des prix

Renouvellement du cheptel : le long chemin vers l’accalmie des prix

Éprouvé par six années de sécheresse et l’envolée des coûts de production, le secteur de l’élevage peine à retrouver son équilibre. Mais les pluies récentes et les programmes de soutien nourrissent un regain d’optimisme chez les éleveurs.

 

Par C. Jaidani

Le secteur de l’élevage au Maroc a vécu, ces dernières années, des moments difficiles qui l’ont sérieusement impacté. Les six années successives de sécheresse et la hausse des prix des aliments de bétail et autres intrants ont pesé sur le coût de production et, par ricochet, sur les prix domestiques. Du coup, le prix des viandes rouges a atteint des niveaux record, ce qui a contraint les autorités à interdire le sacrifice de l’Aïd Al-Adha en 2025 afin de soulager la pression sur la demande et soutenir l’offre.

Le gouvernement a également décidé d’octroyer des subventions directes aux éleveurs pour préserver les femelles et augmenter le taux de fécondité. Il a ainsi débloqué une enveloppe globale de 6,2 milliards de DH pour réussir cette opération. Mais malgré ces dispositions, l’objectif de faire baisser le prix des viandes rouges n’a pas été atteint. Selon les régions et les villes, les prix des viandes rouges varient actuellement entre 100 DH/kg et 140 DH/kg, soit un niveau supérieur à une période normale où il oscillait entre 70 DH/kg et 90 DH/kg.

«Le retour à ce niveau ne peut se faire du jour au lendemain. Les mesures prises par le gouvernement ont besoin de temps pour donner les effets escomptés. Actuellement, la conjoncture est favorable pour assurer le renouvellement du cheptel. Les pluies sont au rendez-vous et l’agnelage du printemps devrait se dérouler dans de bonnes conditions. L’enrichissement des parcours naturels favorisera l’accouplement, la croissance rapide des nouveau-nés et l’entretien des femelles tant pour les ovins, les ovins que les caprins. Il permettra de réduire également de façon significative le coût de l’alimentation de bétail», souligne Mohamed Dahbi, secrétaire général de l’Union générale des entreprises et des métiers (UGEM), qui regroupe les chevillards et les bouchers implantés dans tout le territoire national.

Un réseau qui a un lien direct avec le secteur de l’élevage. Et de poursuivre que «les autorités doivent faire le suivi des mesures prises pour s’assurer de leur bonne exécution et éviter les scénarios des années précédentes, qui ont eu pour conséquence de dilapider des deniers publics sans pour autant faire baisser le prix des viandes». Par ailleurs, il estime que le programme d’importations des viandes rouges et des bêtes de l’étranger doit être bien encadré pour assurer l’équilibre du marché national et éviter toutes les mauvaises pratiques, particulièrement le monopole et le détournement des subventions. Dahbi évoque également le phénomène des intermédiaires qui plombent les prix.

«Le phénomène a toujours existé et à plusieurs niveaux, mais ces derniers temps, il a pris de l’ampleur. Certes, c’est un problème très compliqué et difficile à résoudre dans l’immédiat, mais il est possible à terme d’en atténuer l’impact. Il requiert de la détermination, la fédération des efforts de tous les intervenants et une implication avancée des éleveurs», précise-t-il. En guise de solution, il préconise «d’accélérer la réforme des souks hebdomadaires dans le monde rural, qui sont les principaux lieux d’approvisionnement des citoyens en viandes rouges, pour donner une nouvelle dynamique à la chaîne de valeur».

Par ailleurs, Dahbi insiste sur le rôle crucial des petits éleveurs, d’autant que sans leur contribution l’opération de reconstitution du cheptel serait vouée à l’échec. Les programmes mis en place devraient contribuer à redresser la situation et permettre au cheptel national de se reconstituer. Chez les agriculteurs, et particulièrement les éleveurs, un vent d’optimisme souffle actuellement.

«C’est le meilleur scénario que peut attendre un fellah au Maroc  : une saison pluvieuse qui profite à tout le monde. Au début de la campagne, nous avons eu quelques soucis quant à un prolongement de la vague de sécheresse. Mais avec les pluies et les mesures de soutien de l’Etat, nous sommes confiants et notre activité retrouvera à coup sûr un nouvel élan», affirme Redouane Haddaj, exploitant de la région de Benslimane. 

 

 

 

Articles qui pourraient vous intéresser

Mardi 06 Octobre 2026

Maroc Météo : fortes averses orageuses avec grêle et rafales de vent, mardi et mercredi, dans plusieurs provinces

Mardi 06 Octobre 2026

Ciment : les livraisons progressent de 19,31% en septembre

Mardi 06 Octobre 2026

Vantage Payment Systems : AfricInvest FIVE investit pour accompagner le développement des paiements

Lundi 05 Octobre 2026

Météo Maroc : fortes pluies, grêle et rafales de vent lundi et mardi

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux