Vove ID : «Notre ambition est de devenir une infrastructure de confiance pour l’économie digitale»

Vove ID : «Notre ambition est de devenir une infrastructure de confiance pour l’économie digitale»

Spécialisée en RegTech, Vove ID propose une solution numérique sécurisée et interopérable qui permet de vérifier l’identité une seule fois et de l’utiliser partout. Entretien avec son CEO et cofondateur, Khalid Aoussar.

 

Propos recueillis par Ibtissam Z.

 

 

Finances News Hebdo : Dans un marché en pleine structuration, comment Vove ID se démarque-t-elle en matière d’identité numérique en Afrique et dans la région MENA ? En quoi votre approche «Vérifiez une fois, utilisez partout» change-t-elle les règles du jeu ?

Khalid Aoussar : Notre différenciation repose sur une idée simple. Dans la région MENA et en Afrique, le problème n’est pas seulement de vérifier l’identité, mais de réduire la répétition. Les utilisateurs refont le même KYC plusieurs fois, ce qui crée de la friction, augmente les coûts et dégrade l’expérience. Notre approche «Vérifiez une fois, utilisez partout» transforme la vérification en une identité réutilisable, comparable à un wallet de confiance. Du coup, on vérifie, on sécurise, puis on réutilise avec le bon niveau de contrôle, de consentement et de traçabilité. Notre plateforme se déploie rapidement via API ou SDK et s’adapte aux réalités locales, à savoir documents, risques de fraude, exigences de conformité, tout en maintenant un standard élevé de sécurité et d’auditabilité.

 

F.N.H. : Vous affirmez que Vove ID est la première identité numérique accessible en ligne dans la région MENA et en Afrique. Qu’est-ce qui fait de votre solution une première et comment l’avezvous rendue opérationnelle dans des marchés si variés ?

Kh. A. : Par «première», nous entendons une nouvelle génération d’identité numérique réutilisable, accessible en ligne en self-serve et conçue pour fonctionner au-delà d’un seul acteur. Le marché se limite souvent à des briques KYC isolées. Nous construisons une identité vérifiée qui peut être consommée par différents parcours, produits et plateformes, avec une orchestration complète de KYC, KYB, signaux de fraude et flux de travail (workflows). Nous avons industrialisé une couche de conformité modulable avec des flux configurables par pays et par secteur, des contrôles biométriques et documentaires standardisés, et des sorties décisionnelles cohérentes pour les équipes conformité et produit. Cette approche nous permet d’intégrer rapidement nos solutions tout en gérant la diversité des marchés. Nous sommes volontairement très startup et scale-up friendly, offrant un accès rapide à notre sandbox, sans engagement pour tester nos solutions avant un déploiement en production. Notre architecture modulaire et adaptée aux pays («country-ready») dissocie le socle technique des spécificités locales, permettant ainsi un déploiement rapide et une adaptation par configuration plutôt que par des développements lourds. La gestion de cas nous aide à gérer les exceptions terrain sans dégrader l’expérience utilisateur.

 

F.N.H. : L’identité numérique demeure un défi majeur dans la région MENA et en Afrique, où les processus Know your customer (KYC) restent souvent fragmentés et coûteux. Comment Vove ID répond-elle concrètement à ces problématiques pour les fintechs, banques digitales et plateformes numériques ?

Kh. A. : Nous attaquons le problème sur trois axes; la vitesse, le coût et la fiabilité. Vitesse  : grâce au SDK/API et à des parcours optimisés pour limiter l’abandon, avec des contrôles automatisés, tels que preuve de vie 3D, correspondance faciale, validation documentaire, extraction OCR et une décision en temps réel lorsque c’est possible. Coût  : en offrant une intégration rapide, sans frais lourds ni engagement initial, avec un accès immédiat au sandbox. Les équipes peuvent ainsi adopter une solution KYC/KYB/AML sophistiquée et payer progressivement à mesure que leur activité grandit. Fiabilité : en construisant un système de confiance plutôt qu’un simple KYC checklist. Cela comprend scoring, signaux anti-fraude et case management pour traiter correctement les exceptions avec revue manuelle, preuves et audit. L’objectif est d’aider les acteurs digitaux à scaler sans exploser leurs coûts de conformité.

 

F.N.H. : Know Your Business (KYB) constitue un enjeu stratégique pour les PME au Maroc et en Afrique. Comment votre technologie simplifie-t-elle la vérification des entreprises dans ces marchés ?

Kh. A. : Le KYB est complexe dans la région à cause de données hétérogènes et de documents non standardisés. Nous proposons des parcours guidés, l’extraction et la normalisation des informations via la reconnaissance optique de caractères (OCR), la vérification des bénéficiaires effectifs et des rôles clés, ainsi qu’un traitement clair des exceptions. Nous offrons un KYB prêt à déployer, paramétrable par pays, avec un niveau de traçabilité conforme aux exigences des partenaires financiers.

 

F.N.H. : Vous avez obtenu un investissement conséquent de The Baobab Network. Quelle est la portée de cette levée de fonds pour votre startup ?

Kh. A. : Cet investissement stratégique en 2024 marque une étape importante. Il apporte financement, mentorat, réseau et méthode d’exécution pour accélérer notre expansion et renforcer notre plateforme. Cela nous permet de développer la profondeur produit (KYC/ KYB/AML, orchestration et case management), la robustesse et la sécurité à l’échelle, le déploiement commercial et partenarial sur plusieurs marchés africains et de la région MENA, où la conformité doit être aussi rapide que la croissance.

 

F.N.H. : Dans un contexte d’accélération de l’économie numérique sur le continent, quelles sont vos ambitions à moyen et long terme ?

Kh. A. : Notre ambition est de devenir une infrastructure de confiance pour l’économie digitale, offrant une couche d’identité et de conformité réutilisable, interopérable et sécurisée. À moyen terme, nous voulons être la plateforme de référence pour les fintechs et plateformes qui doivent s’intégrer rapidement tout en restant conformes. À long terme, nous visons à établir un standard régional avec une identité numérique portable, une gouvernance claire, des niveaux de confiance et une expérience utilisateur fluide. L’esprit du «Verify once, use everywhere» permettra de réduire la friction, d’augmenter la sécurité et de favoriser l’innovation.

 

F.N.H. : Comment analysez-vous la dynamique de l’écosystème RegTech et fintech au Maroc et en Afrique, et quelle est la place des cadres réglementaires  en matière d’identité numérique ?

Kh. A. : L’écosystème est en forte accélération, avec des entrepreneurs solides et une demande marché évidente. Le principal défi reste la fragmentation. En effet, les exigences varient, les référentiels d’identité ne sont pas homogènes, et la maturité des infrastructures (registre, identité, data) est inégale. Le cadre réglementaire est à la fois un levier et un frein. Il pousse à professionnaliser la conformité et crée de la confiance, mais l’incertitude peut ralentir l’exécution et limiter l’interopérabilité. Notre approche est pragmatique : travailler la conformité dès la conception, «compliance-by-design», documenter, auditer, et collaborer avec les parties prenantes pour que l’innovation

 

 

Articles qui pourraient vous intéresser

Jeudi 17 Septembre 2026

Renault Group Maroc : nouvelles nominations à la tête de Renault et Dacia

Dimanche 13 Septembre 2026

Dealkhir: «Nous voulons faire en sorte que la générosité devienne un réflexe du quotidien»

Mardi 08 Septembre 2026

Tanger accueillera les Assises de l’AUSIM du 7 au 9 octobre 2026

Vendredi 07 Aout 2026

Démarchage téléphonique : la France change les règles du jeu

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux