Maroc – Espagne: «Le Maroc n’est pas seulement un marché de premier plan, mais une véritable porte d’entrée vers l’Afrique»

Maroc – Espagne: «Le Maroc n’est pas seulement un marché de premier plan, mais une véritable porte d’entrée vers l’Afrique»

Voisins, partenaires et alliés stratégiques, le Maroc et l’Espagne consolident une coopération fondée sur la confi ance, la complémentarité économique et des liens humains profonds. Portée par une vision commune de l’avenir, cette relation ouvre de nouvelles perspectives dans des domaines stratégiques, notamment l’investissement, l’industrie, la transition énergétique, la culture et la Coupe du monde 2030. Entretien avec Son Excellence l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Enrique Ojeda Vila.

Finances News Hebdo : Les relations entre le Maroc et l’Espagne connaissent, depuis plusieurs années, une dynamique particulièrement soutenue sur les plans politique, économique et humain. Quels sont les principaux leviers qui permettent aujourd’hui de consolider ce partenariat stratégique entre les deux Royaumes ?

Enrique Ojeda Vila : Effectivement, les relations entre l’Espagne et le Maroc reposent sur des fondements solides, profonds et durablement enracinés. Pour l’Espagne, le Maroc est un voisin prioritaire, un partenaire stratégique et un acteur essentiel de son environnement régional. Sur le plan politique, ces relations sont portées par les liens d’amitié et d’estime mutuelle unissant Sa Majesté le Roi Felipe VI et Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ainsi que par l’excellente coopération entre les deux gouvernements, récemment renforcée lors de la dernière réunion de haut niveau tenue à Madrid en décembre 2025. Sur le plan économique, les échanges commerciaux, qui ont dépassé les 22 milliards d’euros en 2025, témoignent de la profondeur de notre partenariat et de la complémentarité de nos économies. Cette coopération s’étend à des secteurs stratégiques pour le développement du Maroc, tels que l’agroindustrie, l’automobile, le textile, l’aéronautique, les industries minières ainsi que les différentes sources d’énergie, qu’elles soient conventionnelles ou renouvelables. Au-delà des relations institutionnelles et économiques, les liens humains entre nos deux pays s’inscrivent dans une histoire commune pluriséculaire.

Les importants flux de mobilité et les échanges culturels constituent un capital humain exceptionnel et un facteur de rapprochement durable entre nos peuples. Dans cette perspective, la co-organisation de la Coupe du monde de la FIFA 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal constitue une illustration remarquable de cette vision partagée de l’avenir. Cet événement représente non seulement un symbole de confiance et de coopération entre nos nations, mais également une opportunité unique de renforcer davantage notre partenariat stratégique dans les domaines économique, institutionnel, culturel et humain au service de la prospérité commune de nos deux pays. Cela dit, l’Espagne et le Maroc doivent continuer à œuvrer ensemble afin de garantir un climat des affaires stable, prévisible et favorable aux investissements. Notre objectif commun est de faire en sorte que ce partenariat stratégique soit mutuellement bénéfique et contribue davantage à l’implantation et au développement des entreprises de part et d’autre de la Méditerranée. À cet égard, la sécurité juridique constitue un élément essentiel pour renforcer la confiance des opérateurs économiques et favoriser l’attraction des investissements directs étrangers, qui sont un moteur de croissance, d’innovation et de création d’emplois pour nos deux pays.

 

F. N. H. : Dans un contexte international marqué par de profondes mutations économiques et géopolitiques, quels secteurs vous paraissent aujourd’hui les plus prometteurs pour renforcer davantage les investissements et les échanges bilatéraux ?

E. O. V.  : Effectivement, la fragmentation du marché mondialisé et les crises répétées des chaînes d’approvisionnement poussent nos économies vers le nearshoring et le friendshoring, ce qui contribue positivement au renforcement de notre relation économique. Nous croyons également profondément en la complémentarité de nos deux économies et au développement d’une valeur ajoutée créée de part et d’autre de la Méditerranée, dont bénéficient déjà les entreprises espagnoles et marocaines. Mais la transformation industrielle que connaît actuellement l’économie marocaine offre aux entreprises espagnoles d’excellentes et nouvelles opportunités de coopération, de transmission de savoir-faire et d’équipements, ainsi que d’intégration des chaînes de valeur à travers la complémentarité de leurs tissus industriels. Cette coopération peut s’étendre à l’ensemble des secteurs économiques, mais notamment dans des domaines tels que le tourisme, les infrastructures, l’industrie, les technologies, l’énergie, la gestion de l’eau, la mobilité et les services. L’expertise espagnole constitue un levier important pour accompagner le développement économique marocain vers la modernisation et la montée en gamme, dans une logique de partenariat mutuellement bénéfique et de prospérité partagée.

 

F. N. H. : Plusieurs entreprises espagnoles considèrent désormais le Maroc comme une plateforme stratégique vers l’Afrique. Comment percevezvous le rôle du Royaume dans les chaînes de valeur régionales et continentales, notamment dans des secteurs comme l’industrie, les infrastructures, les énergies renouvelables ou encore l’économie numérique ?

E. O. V.  : Tout à fait. Le Maroc demeure pour les entreprises espagnoles un partenaire privilégié et une plateforme stratégique pour le développement de leurs activités en Afrique, en particulier en Afrique de l’Ouest. La forte présence des entreprises marocaines dans cette région, notamment dans les secteurs de l’industrie, des infrastructures, des services financiers, des télécommunications et de la logistique, offre aux sociétés espagnoles implantées au Maroc un accès privilégié à des marchés à fort potentiel. Cette complémentarité constitue un atout majeur dans la stratégie africaine de nos entreprises. Le Maroc, grâce à sa stabilité, à son réseau d’accords de libre-échange et à l’expertise acquise par ses groupes nationaux sur la région, représente un point d’ancrage naturel pour les entreprises espagnoles souhaitant accompagner la croissance économique africaine et développer des partenariats durables dans l’ensemble de la région. Dans cette perspective, le Maroc n’est pas seulement un marché de premier plan, mais également une véritable porte d’entrée vers l’Afrique, permettant de construire ensemble des chaînes de valeur régionales, de favoriser les investissements croisés et de contribuer au développement économique et à la prospérité partagée du continent.

 

F. N. H. : Le Maroc et l’Espagne ont renforcé ces dernières années leur coopération dans les domaines de l’innovation et de la transformation numérique. Quelles nouvelles perspectives voyezvous émerger dans des secteurs stratégiques tels que l’IA, les startups et les technologies de demain ?

E. O. V. : Dans ce domaine, le Royaume est aujourd’hui en mesure de proposer des solutions technologiques à forte valeur, portées par la qualité de ses talents, la montée en compétence de son capital humain et le dynamisme de son écosystème numérique. Nous observons ainsi une collaboration croissante entre les entreprises espagnoles et marocaines de conseil, les startups innovantes, les intégrateurs de systèmes, les opérateurs de centres de données ainsi que les acteurs de la recherche et de l’innovation, afin de développer des solutions compétitives répondant aux besoins des entreprises et des administrations. Cette évolution permet au Maroc de se positionner comme un acteur de référence dans la transformation numérique, en offrant des services à haute valeur ajoutée dans des domaines tels que le cloud, la cybersécurité, la gestion des données, l’intelligence artificielle et les technologies émergentes. Nous sommes convaincus qu’une coopération durable entre les entreprises espagnoles et marocaines contribuera à accélérer cette dynamique, à renforcer les capacités d’innovation des deux pays et à accompagner l’émergence d’un écosystème technologique toujours plus performant, compétitif et créateur de valeur.

 

F. N. H. : Comment le Maroc et l’Espagne peuvent-ils approfondir leur coopération dans les domaines des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert ?

E. O. V. : L’offre Maroc constitue une initiative visant à promouvoir le développement d’une filière intégrée de production d’hydrogène vert et de ses dérivés. Parmi les projets sélectionnés par le gouvernement marocain dans ce cadre, figurent deux projets associant des entreprises espagnoles. Il s’agit de groupes industriels avec une longue trajectoire énergétique et une expertise de pointe, qui développent des projets similaires en Espagne. Nous espérons que leur savoir-faire va leur permettre de faire avancer leurs projets au Maroc d’une manière rapide, agile et économiquement viables. D’autre part, les sociétés espagnoles jouent également un rôle majeur dans les secteurs des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, contribuant ainsi au développement des capacités de production nécessaires à la compétitivité énergétique. Cette coopération s’inscrit dans la perspective de l’intégration progressive des réglementations européennes relatives à la décarbonation des transports et à l’utilisation des carburants renouvelables dans les secteurs aérien et maritime.

 

F. N. H. : Le Maroc et l’Espagne partagent une histoire, un patrimoine et des influences culturelles profondément imbriqués. Dans quelle mesure cette mémoire commune peut-elle aujourd’hui constituer un levier de rapprochement durable entre les deux sociétés ?

E. O. V.  : L’influence réciproque entre le Maroc et l’Espagne, en matière d’histoire, de culture et de patrimoine, est sans doute l’une des plus singulières au monde. De la préhistoire à nos jours, aucun des deux pays ne peut se comprendre pleinement sans l’apport de l’autre. L’héritage d’al-Andalus en constitue l’exemple le plus éloquent. Huit siècles d’échanges qui ont façonné nos langues, notre architecture, notre musique et nos arts décoratifs. Cet héritage demeure vivant dans des villes comme Tétouan, Chefchaouen, Fès ou Rabat-Salé, profondément marquées par l’installation des familles andalouses, et il continue de résonner dans la musique arabo-andalouse, la nawba et l’al-Ala, comme dans l’art partagé du zellige et de l’azulejo. C’est précisément pour cette raison que le patrimoine partagé constitue le socle de notre relation, même si nos sociétés ne mesurent pas toujours l’ampleur de ce lien. L’Espagne déploie au Maroc son plus vaste dispositif culturel au monde. L’Institut Cervantes y dispose de son plus grand réseau à l’échelle planétaire, avec six centres à Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Fès, Marrakech et plusieurs antennes. À cela s’ajoutent l’action de la Coopération espagnole et des instruments binationaux, tels que la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée. Tout au long de l’année, et dans différentes villes du Royaume, cette action se traduit par des expositions, des festivals et des conférences qui mettent en valeur cette mémoire commune. La désignation de Tétouan comme capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue pour 2026 offre, à cet égard, une occasion privilégiée. Ce patrimoine n’est pas seulement un héritage à préserver, il est un levier d’avenir. En faisant connaître aux nouvelles générations la profondeur de ce passé commun, nous transformons une mémoire partagée en projet partagé. La diplomatie culturelle vient ainsi compléter et consolider notre partenariat stratégique, en rapprochant durablement nos deux sociétés autour de ce qui les unit depuis des siècles.

 

F. N. H. : Les industries culturelles et créatives occupent une place de plus en plus importante dans les économies modernes. Comment l’Espagne mais également l’Union européenne accompagnent-elles le Maroc dans le développement de ces secteurs ?

E. O. V. : Les industries culturelles et créatives (ICC) représentent aujourd’hui un secteur économique à part entière, créateur d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée. L’Espagne et l’Union européenne accompagnent leur développement au Maroc à travers un éventail de programmes structurants, à savoir Europe Créative, Horizon Europe et, bien entendu, Erasmus+. Le Maroc figure parmi les principaux pays partenaires d’Erasmus+ dans le voisinage sud de la Méditerranée, avec des milliers de mobilité d’étudiants, d’enseignants et de professionnels, ainsi que de nombreux projets de renforcement des capacités des universités. Ces initiatives favorisent les échanges, la formation des jeunes et des professionnels, le partage de bonnes pratiques et la structuration de filières encore émergentes. Elles renforcent les compétences, l’innovation et l’attractivité du secteur culturel marocain, en lien étroit avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. Je tiens à souligner le rôle décisif des institutions marocaines avec lesquelles nous travaillons, comme la Fondation Hiba, qui accompagne les entreprises culturelles et créatives marocaines et leur ouvre des espaces de projection internationale. L’enjeu pour les années à venir est de consolider une véritable chaîne de valeur créative, à savoir la professionnalisation des acteurs, accès au financement, protection de la propriété intellectuelle et projection des talents
marocains vers les marchés méditerranéen et africain. C’est dans cette logique de partenariat mutuellement bénéfique que l’Espagne et l’Union européenne entendent poursuivre leur accompagnement.

 

F. N. H. : L’Espagne a récemment réaffirmé son engagement en faveur d’une politique étrangère féministe, plaçant l’égalité femmes-hommes au cœur de son action diplomatique. Comment cette approche se traduit-elle concrètement dans la coopération entre l’Espagne et le Maroc ?

E. O. V.  : Comme vous le soulignez, la défense de l’égalité entre les femmes et les hommes constitue l’un des axes stratégiques de la politique étrangère espagnole, à la fois comme ligne de travail spécifique et comme dimension transversale à l’ensemble de nos politiques. En 2021, l’Espagne s’est dotée d’une politique étrangère féministe, formalisée par le guide de la politique étrangère féministe, faisant de l’égalité de genre un élément distinctif de son action extérieure, en cohérence avec l’Objectif de développement durable n° 5. L’Espagne a ainsi été l’un des premiers pays à institutionnaliser cette approche et a notamment coprésidé, en 2024, le groupe international des États engagés dans une politique étrangère féministe. Cette approche se traduit très concrètement dans notre coopération avec le Maroc. Dans notre programmation culturelle, nous privilégions les activités dont les femmes sont les protagonistes, ainsi que celles qui contribuent à projeter une image plus égalitaire des relations entre les femmes et les hommes. Les journées internationales consacrées à l’égalité, la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, la Journée internationale des femmes et des filles de science le 11 février ou la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre, sont clairement inscrites dans notre calendrier, avec des activités spécifiques. Dans le domaine éducatif, le réseau des établissements espagnols au Maroc place également l’égalité de genre et l’Agenda 2030 au cœur de ses projets pédagogiques. Cette priorité irrigue l’ensemble de notre coopération, à savoir soutien à l’autonomisation économique des femmes, à l’entrepreneuriat féminin, à la formation et à l’accès des jeunes filles aux filières scientifiques et techniques. L’objectif est que les femmes soient pleinement actrices, et non simples bénéficiaires, du rapprochement entre nos deux pays.

 

F. N. H. : Le cinéma, l’audiovisuel, le design, la musique, le gaming ou encore les métiers du digital offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives de coopération. Voyez-vous émerger une nouvelle génération de partenariats créatifs capables de renforcer le rayonnement culturel des deux pays à l’échelle méditerranéenne et africaine ?

E. O. V.  : Tout à fait. Les domaines que vous évoquez offrent des opportunités extraordinaires de coopération, et de nombreuses initiatives de travail conjoint existent déjà entre artistes et créateurs des deux rives. Le cinéma et l’audiovisuel illustrent parfaitement cette dynamique. Ainsi, le Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan, créé en 1985 dans l’ancienne capitale du Protectorat et accueilli notamment au Teatro Español, demeure un point de rencontre privilégié des cinématographies de nos deux pays. Le Maroc s’est en outre imposé comme une destination de tournage de référence, autour des studios de Ouarzazate notamment, ce qui multiplie les coproductions et la collaboration entre techniciens et producteurs espagnols et marocains. Dans la musique, le design, le gaming et les métiers du numérique, une nouvelle génération de partenariats créatifs est en train d’émerger. En tant qu’ambassade, nous nous employons à promouvoir des espaces de rencontre favorisant la communication entre les deux rives et à mettre en relation les institutions culturelles et créatives espagnoles et marocaines. Des manifestations comme le festival EsMar à Madrid, soutenu par la Fondation des Trois Cultures, illustrent ce rôle de pont créatif entre l’Espagne et le Maroc. Je suis convaincu que cette nouvelle génération de créateurs, à l’aise avec les outils numériques et les langages contemporains, sera capable de renforcer le rayonnement culturel de nos deux pays à l’échelle méditerranéenne comme africaine. La consolidation de réseaux de cocréation et de résidences artistiques fera de l’économie créative l’un des vecteurs les plus prometteurs de notre influence réciproque.

 

F. N. H. : Quelles initiatives pourraient être encouragées afin de renforcer davantage les échanges universitaires, scientifiques et professionnels entre les jeunes marocains et espagnols ?

E. O. V.  : La jeunesse et la formation comptent parmi les axes majeurs de l’action extérieure espagnole au Maroc. Il faut savoir que de la Consejería de Educación (service de l’éducation) à Rabat dépendent 11 établissements scolaires espagnols, constituant ainsi le plus grand réseau éducatif espagnol à l’étranger, accueillant près de 5.000 élèves, dont environ 85% de nationalité marocaine et quelque 400 enseignants. C’est également au Maroc, à Tétouan, que se trouve le seul centre de formation professionnelle espagnol à l’étranger, l’Institut Juan de la Cierva, qui propose désormais des cycles supérieurs en automatisation et robotique industrielle. La construction du nouveau Collège espagnol de Rabat et l’accord conclu pour la création de sections espagnoles dans des établissements secondaires marocains, ouvrant la voie à une double certification, viennent encore renforcer cette présence. Dans l’enseignement supérieur, le nombre d’étudiants marocains inscrits dans les universités espagnoles s’est multiplié au cours des dernières années. La proximité géographique et culturelle, ainsi qu’une offre très variée et de grande qualité, expliquent ce choix croissant. La Foire des universités espagnoles, organisée chaque année au Maroc, en témoigne par son succès, de même que le réseau de l’Institut Cervantes, le plus important au monde. Les consulats espagnols accomplissent par ailleurs un effort considérable pour prioriser les visas d’études et faciliter l’arrivée des étudiants dans nos universités, tandis que le programme Erasmus+ démultiplie les possibilités de mobilité. Pour aller plus loin, plusieurs initiatives mériteraient d’être encouragées, à savoir le développement de diplômes conjoints et de doubles diplômes, le renforcement des partenariats de recherche scientifique, la multiplication des stages professionnels et la coopération en matière de formation professionnelle duale. Investir dans la mobilité des jeunes, c’est investir à long terme dans le capital humain partagé qui constitue le ciment le plus solide de notre relation.

 

F. N. H : Grand passionné de football, comment percevez-vous la portée symbolique et stratégique de l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal ? Et quelles retombées économiques, culturelles et humaines cette coopération pourrait-elle générer pour les nouvelles générations ?

E. O. V.  : La co-organisation de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal revêt une portée à la fois symbolique et stratégique considérable. Pour la première fois, un Mondial réunira deux continents et les deux rives de la Méditerranée, faisant de cet événement un puissant symbole de confiance, de coopération et de vision partagée de l’avenir. Au-delà du sport, il agira comme un véritable accélérateur de notre partenariat dans ses dimensions économique, institutionnelle, culturelle et humaine, avec des retombées attendues en matière d’infrastructures, de tourisme et d’emploi. Dans le domaine culturel, la Coupe du monde 2030 est une occasion unique de mettre en exergue le patrimoine partagé par nos trois pays à travers des projets de nature variée. Nous avons d’ailleurs déjà commencé à travailler dans ce sens. En effet, durant le mois d’avril, nous avons organisé avec nos collègues portugais et la Fondation Al Mada, à la Villa des arts de Rabat, une manifestation consacrée à l’art du zellige et de l’azulejo, emblème de ce savoir-faire commun aux trois rives. À mesure que l’échéance de 2030 approchera, il faudra concevoir des projets plus ambitieux encore, sur lesquels nous réfléchissons dès à présent. Les retombées pour les nouvelles générations seront, j’en suis convaincu, durables. Volontariat des jeunes, échanges éducatifs et culturels et coproductions créatives sont autant d’occasions de tisser des liens nouveaux entre nos sociétés. Le Mondial 2030 laissera un héritage de coopération et de connaissance mutuelle qui bénéficiera longtemps à la jeunesse de nos trois pays.


 

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