L’enclave espagnole de Ceuta traverse une crise migratoire d’une ampleur inédite. En quelques jours, environ 60.000 migrants en provenance du Maroc ont rejoint le préside occupé.
Selon les autorités locales, cet afflux représente près de 70% de la population de Ceuta.
Face à cette situation, les autorités espagnoles ont renforcé le dispositif sécuritaire à la frontière. Le Premier ministre Pedro Sánchez a dénoncé une «violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne». Il a accusé des réseaux criminels d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux des rumeurs sur une ouverture de la frontière.
Le bilan humain est lourd. Selon les autorités de Sebta, 34 migrants ont perdu la vie, dont 18 par noyade lors de tentatives de traversée par la mer.
Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué que la situation évoluait rapidement. Vendredi à la mi-journée, 25.000 migrants avaient déjà quitté Ceuta pour regagner le Maroc. Les départs ont atteint un rythme de 150 personnes par minute.
Cette crise a provoqué de vives réactions en Europe. L’Italie a évoqué la possibilité de suspendre l’Espagne de l’espace Schengen. Le Danemark et la Finlande ont soutenu cette position.
L’Allemagne a demandé à Madrid d’empêcher les migrants d’accéder au reste du continent européen. Berlin a également appelé le Maroc à reprendre les personnes en situation irrégulière.
La France a proposé son soutien aux autorités espagnoles et annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec l’Espagne.
Cette nouvelle crise rappelle celle de mai 2021, lorsque plus de 10.000 migrants avaient rejoint Ceuta en deux jours, dans un contexte de tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid.