À l’approche de l’Aïd al-Adha, les prix du charbon au Maroc s’envolent. Le kilo est passé d’environ 7 dirhams à près de 20 dirhams, soit une hausse qui peut dépasser 185 %. Une situation qui inquiète, notamment pour son impact direct sur le pouvoir d’achat des ménages, selon Observatoire marocain de la protection du consommateur.
Ce phénomène n’est pas nouveau. Chaque année, à la même période, les prix augmentent sous l’effet de la demande. Mais cette fois, la hausse est particulièrement marquée. L’Observatoire précise que cette augmentation ne s’explique ni par une meilleure qualité du produit ni par une véritable pénurie. Dans certaines régions, l’offre reste même relativement suffisante. Pourtant, des écarts de prix allant jusqu’à 8 dirhams sont observés entre différentes villes.
La demande, elle, grimpe fortement avant l’Aïd, avec une hausse estimée à plus de 60 %. En parallèle, des perturbations dans la distribution ont été signalées dans certaines zones, ce qui accentue les tensions sur les prix.
Malgré les pluies et les inondations qui ont affecté certaines chaînes logistiques, l’impact sur la production reste limité. Il n’y a pas de manque structurel au niveau national. Les difficultés concernent surtout certains circuits de distribution, et non l’ensemble du marché.
Sur le terrain, plusieurs pratiques sont pointées du doigt : réduction injustifiée des quantités dans les marchés de gros, multiplication des intermédiaires, marges élevées pouvant atteindre 70 % entre le gros et le détail, et absence d’affichage des prix dans plusieurs points de vente.
Pour l’Observatoire, la situation actuelle repose sur trois problèmes principaux : la spéculation liée à la saison, une impression de rareté qui ne reflète pas la réalité, et des dysfonctionnements dans la distribution. L’organisme estime que la réponse doit être claire : renforcer les contrôles, appliquer la loi, améliorer la transparence et intervenir avant que la situation ne dégénère.