Souveraineté numérique : la Ministre Amal El Fallah Seghrouchni à l'offensive sur la scène onusienne

Souveraineté numérique : la Ministre Amal El Fallah Seghrouchni à l'offensive sur la scène onusienne

La Ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a représenté le Royaume du Maroc lors d'une mission de haut niveau aux Nations Unies à New York, du 22 au 28 juin 2026.

Au programme : panels ministériels, bilatérales stratégiques et tables rondes à huis clos, autant d'occasions pour le Maroc d'affirmer son positionnement en matière de souveraineté numérique et d'intelligence artificielle à l'échelle africaine et internationale.

Une semaine intense au coeur du multilatéralisme numérique

Dès le premier jour, la Ministre a participé à un panel ministériel d'ouverture à l'ECOSOC du siège des Nations Unies, consacré à l'open source comme levier de coopération numérique internationale. Elle a ensuite enchaîné les rencontres de haut niveau, dont un déjeuner organisé par l'Under-Secretary-General Amandeep Singh Gill, figure clé du pacte numérique mondial, ainsi que des tables rondes fermées sur le financement des infrastructures numériques publiques.

Le 25 juin, la Ministre a prononcé un discours d'ouverture portant sur la manière dont l'open source peut aider les gouvernements à renforcer leur souveraineté numérique, leur autonomie stratégique et la résilience de leurs infrastructures, tout en préservant l'innovation et la coopération internationale.

Des bilatérales décisives avec les Nations Unies

L'un des temps forts de la mission a été la rencontre bilatérale avec M. Bernardo Mariano Junior, Assistant Secrétaire général des Nations Unies et Chief Information Technology Officer (CITO). Les échanges ont porté sur des enjeux structurants pour l'Afrique et pour le Maroc : gouvernance des données, dépendances aux grandes plateformes technologiques, certification de l'intelligence artificielle et développement d'infrastructures numériques souveraines à l'échelle régionale.

Mariano a illustré les risques liés aux outils d'IA générative dans les administrations en citant le cas du groupe OCP, qui avait suspendu l'usage de Microsoft Copilot après avoir constaté que l'agrégation de données apparemment anodines permettait de reconstituer une vision stratégique de l'entreprise. Un exemple fort qui appelle à des politiques de gouvernance des données plus rigoureuses.

De son côté, la Ministre a présenté la stratégie nationale en matière de data centers souverains, avec l'ambition de positionner le Maroc comme hub numérique régional au service des pays africains. Les deux parties ont partagé une vision commune : les infrastructures critiques — data centers, cloud souverain, data factories — doivent être développées à une échelle régionale pour mutualiser les coûts et renforcer la résilience collective du continent.

Le Maroc, futur hub africain de l'open source et de l'IA

La rencontre a également ouvert des perspectives concrètes de coopération. Les Nations Unies ont encouragé le Maroc à promouvoir ses solutions logicielles nationales auprès du Digital Public Goods Registry, un référentiel international qui renforce la crédibilité et facilite l'adoption des outils numériques par les administrations publiques mondiales. La Digital Public Goods Alliance s'est déclarée prête à accompagner cette démarche.

Sur la question de la certification de l'IA, la Ministre a rappelé la complexité de l'exercice, qui ne porte pas uniquement sur les algorithmes, mais aussi sur les données d'entraînement, le contexte d'utilisation et les mécanismes de gouvernance — des enjeux que l'Union européenne a déjà rencontrés dans le cadre de son AI Act.

Un appel à l'unité africaine

En fil conducteur de l'ensemble des discussions : la nécessité pour les pays africains de parler d'une seule voix face aux géants du numérique. À l'image de l'Union européenne qui impose ses règles aux entreprises souhaitant accéder à son marché, l'Afrique gagnerait à bâtir une gouvernance régionale unifiée autour des données, de l'IA et de la régulation des plateformes — un message porté avec conviction par la délégation marocaine tout au long de cette semaine onusienne,

 

 

 

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