Bourse & Finances

Tous les articles

Placements / Intelligence artificielle : les fonds de pension deviennent plus prudents

Placements / Intelligence artificielle : les fonds de pension deviennent plus prudents

Plusieurs grands fonds qui investissent l’argent des retraites réduisent la place des actions américaines dans leurs placements. Ils craignent que l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle ait fait monter les prix trop vite et rendu les marchés trop dépendants de quelques entreprises.

L’intelligence artificielle attire les milliards. Mais ceux qui placent l’argent des retraites commencent à prendre du recul. Selon une enquête du Financial Times publiée le 5 octobre, plusieurs grands fonds australiens, canadiens et britanniques limitent leur exposition à la Bourse américaine. Ils cherchent à mieux répartir leurs investissements face au poids des géants de l’IA et à leurs valorisations élevées.

Un fonds de pension a une mission simple : investir aujourd’hui pour pouvoir verser des retraites demain. Il achète notamment des actions, autrement dit de petites parts d’entreprises. Si ces entreprises se développent, ces placements peuvent rapporter de l’argent. Si leurs actions chutent, le fonds peut subir des pertes.

Or, l’IA nourrit des attentes considérables. Les investisseurs misent sur les entreprises qui fabriquent les puces, développent les logiciels ou fournissent les infrastructures nécessaires. Ils espèrent que cette technologie générera des bénéfices importants dans les années à venir.

Mais une question revient : les prix des actions n’ont-ils pas déjà intégré une réussite trop grande, trop rapide ?

Jimmy Louca, gestionnaire chez Australian Retirement Trust, estime ainsi que les cours américains ont progressé davantage que ne le justifierait la situation économique des entreprises. Le fonds a réduit la place des actions américaines par rapport à son indice de référence, selon ses déclarations rapportées par le Financial Times et reprises par Investing.com.

Pour comprendre cette prudence, prenons un exemple. Une entreprise peut être solide et prometteuse, mais son action peut coûter trop cher. L’investisseur qui l’achète à un prix très élevé attend alors des résultats exceptionnels. Même de bons bénéfices peuvent le décevoir s’ils restent inférieurs à ses attentes.

À ce risque s’ajoute celui de mettre trop d’argent sur le même pari. Un portefeuille peut contenir de nombreuses entreprises et rester fortement dépendant de l’IA. Si plusieurs de ses principales actions réagissent à la même mauvaise nouvelle, leurs baisses peuvent se cumuler.

Les fonds cherchent donc à répartir davantage leurs placements entre différentes entreprises, différents secteurs et différents pays.

Chez le britannique People’s Pension, les États-Unis représentent désormais 49% des investissements en actions mondiales de son principal fonds, contre 53% à la fin de l’année précédente. Le marché américain conserve une place importante, mais son poids diminue.

Même logique à La Caisse, au Canada. Son responsable Vincent Delisle explique rechercher des possibilités d’investissement au-delà des très grands groupes technologiques, tout en maintenant les États-Unis comme première destination de ses placements. Il accorde une attention particulière à la capacité des entreprises à faire progresser durablement leurs bénéfices.

Faut-il y voir l’annonce d’un effondrement de la Bourse ? Ces décisions ne permettent pas de le conclure. Elles traduisent une volonté de réduire les risques. Pour des organismes qui doivent financer des retraites pendant des décennies, profiter des hausses ne suffit pas : il faut aussi pouvoir résister aux baisses.

L’IA peut transformer l’économie et continuer à se développer. Cela ne garantit pas que toutes les entreprises du secteur réussiront, ni que leurs actions monteront sans interruption. C’est cette distinction que les investisseurs de l’épargne retraite commencent à faire : croire à une technologie ne dispense pas de regarder le prix payé pour y investir.

 

 

 

Articles qui pourraient vous intéresser

Lundi 05 Octobre 2026

Bank Al-Maghrib et la Banque centrale des Émirats signent deux accords de coopération

Jeudi 01 Octobre 2026

Croissance : un coup de frein temporaire, selon Bank Al-Maghrib

Mercredi 30 Septembre 2026

Morocco Fintech Center clôture l’édition 2026 de Fintech Booster

Mercredi 30 Septembre 2026

TAMWILCOM : 23,9 milliards de DH mobilisés pour plus de 31.500 opérations de crédit

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux