Il y a des événements sportifs qui s’achèvent au coup de sifflet final. Et il y a ceux qui continuent de parler longtemps après que les projecteurs se sont éteints. La Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 appartient à cette seconde catégorie.
Non seulement parce que les Lions de l’Atlas ont atteint la finale, mais surtout parce que le Royaume a livré au continent et au monde une démonstration d’organisation, de vision et de maîtrise qui dépasse largement le rectangle vert. Au lendemain de la finale, la réception de l’équipe nationale par le Prince Moulay Rachid, sur hautes instructions royales, est venue sceller cette séquence.
Il semble utile de le rappeler de temps à autre : le Maroc a fait du sport un instrument de développement, investi dans le capital humain et modernisé ses infrastructures, avec en ligne de mire 2030, en faisant notamment de la CAN 2025 une étape d’une trajectoire longuement réfléchie. Et c’est précisément ce qui frappe les observateurs étrangers. Le professeur kényan Tony Mochama parle de «meilleure CAN de l’histoire». Le média bulgare novinata.bg décrit un Maroc devenu «acteur clé entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe».
Le site belge Sporza rappelle que cette réussite sportive est l’aboutissement d’une politique lancée dès 2007. Quant au président de la FIFA, Gianni Infantino, il salue un «hôte exceptionnel» et un «tournoi fantastique». Même la Commission de l’Union africaine exprime sa gratitude pour une organisation «exemplaire». Rarement un pays hôte aura recueilli une telle unanimité. Il faut dire que le Maroc a mis la barre haut : stades modernes, réseaux de transport fluides, logistique millimétrée, sécurité maîtrisée, accueil chaleureux…
Dans un continent où l’organisation de grands événements demeure parfois périlleuse, Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès ou Agadir ont fonctionné comme des capitales sportives interconnectées, efficaces et hospitalières. Mais au-delà des infrastructures, c’est une certaine idée du Maroc qui s’est projetée : un pays stable, sûr, ouvert, africain par conviction et global par ambition. La CAN a joué le rôle d’une vitrine diplomatique.
C’est pourquoi le média bulgare parle d’un «test grandeur nature» pour le Mondial 2030. Test réussi. Les partenaires européens sont rassurés, les instances sportives convaincues et les investisseurs attentifs. Le Royaume a envoyé un message clair : il faut une maturité certaine pour perdre un trophée sans perdre le prestige. Certes, tout n’a pas été parfait.
Les incidents regrettables de la finale, dénoncés par Gianni Infantino, rappellent que le football reste une passion parfois excessive. Mais ces soubresauts n’ont en rien altéré l’essentiel : la réussite structurelle de l’événement.
Ce succès n’est pas fortuit. Il est le fruit d’une vision royale patiemment déployée et déclinée, entre autres, autour de la formation des jeunes, la création de l’Académie Mohammed VI, le suivi des binationaux, la culture de la performance et la diplomatie sportive.
Le football marocain est devenu une industrie, une école et un instrument de rayonnement. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le Royaume propose un modèle africain crédible, performant et exportable. Un modèle qui conjugue sport, diplomatie, sécurité et hospitalité.
Par F.Z Ouriaghli