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Economie

Nouvelle carte administrative : Les territoires à l’épreuve du développement

Le ministère de l’Intérieur prépare une nouvelle carte administrative du Royaume, dont la mouture devrait être dévoilée en 2027. Au-delà de la réponse à la poussée démographique et urbaine, ce redécoupage vise à rapprocher les services publics des citoyens, réduire les disparités territoriales et mieux articuler l’organisation administrative avec les nouvelles dynamiques de développement.

CJPar Charaf Jaidani
|Publié le 12 Octobre 2026 à 11:45
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urbanisme maroc

Le ministère de l’Intérieur prépare un nouveau découpage administratif, qui sera dévoilé en 2027. Avec l’essor démographique et urbanistique, une nouvelle cartographie se dessine avec la création de nouvelles provinces et communes et une nouvelle délimitation des collectivités territoriales. Cette initiative a pour objectif d’adapter le maillage territorial aux besoins croissants des citoyens en vue de bénéficier des services publics de qualité et d’un environnent économique permettant de favoriser l’emploi et l’accès au logement, entre autres.

L’organisation territoriale du Royaume repose aujourd’hui sur plusieurs échelons administratifs. Ses 12 régions regroupent 77 provinces et préfectures et 1.538 communes, dont 1.282 rurales. Historiquement, le découpage administratif répondait avant tout à une logique d’encadrement de la population et d’organisation des services publics, notamment dans les domaines de la santé, de l’enseignement et de la sécurité.

Cette conception a progressivement évolué. Désormais, l’organisation territoriale s’inscrit davantage dans une logique de développement, avec pour ambition de faire des territoires de véritables espaces de création de richesse, d’investissement et d’amélioration des conditions de vie.

«Pour assurer une gestion intégrée du territoire, il faut un découpage administratif qui obéit à la logique du développement. Il doit assurer l’autorité de l’Etat à travers la déconcentration et l’autonomie des élus locaux à travers la décentralisation. Il doit également prendre en considération différents paramètres comme le nombre de la population, la superficie, la vocation économique de l’entité concernée», indique Mohamed Dahbi, professeur de droit administratif à l’Université Hassan II de Casablanca».

Avec l’adoption de la régionalisation avancée consacrée par la Constitution de 2011, l’objectif de ce découpage administratif est de réduire les disparités régionales, sociales et spatiales.

«Le découpage est strictement encadré et il est régi par des décrets de loi. Se basant sur des critères démographiques et économiques, la révision du découpage se fait à l’initiative du ministère de l’Intérieur qui est le département de tutelle de toutes les entités administratives», précise Dahbi.

Dans plusieurs provinces, des voix se sont élevées émanant de la classe politique et de la société civile appelant à la création de nouvelles entités territoriales.

Selon le ministère de l’Intérieur, la province de Taroudant est la plus concernée par le nouveau découpage. Avec 89 communes, de nombreux habitants sont éloignés des centres administratifs et trouvent des difficultés pour se déplacer afin de bénéficier des différents services publics. La solution est de créer une province à Oulad Teima et de renforcer le nombre de communes.

Même cas pour Ksar El Kébir, qui relève actuellement de la province de Larache. Les acteurs locaux appellent à la création d’une province, estimant qu’elle a atteint la taille nécessaire sur le plan démographique. Cette agglomération compte plus de 124.000 habitants. Ce territoire pourrait être élargi pour englober les communes de Souk El Arbaa et Arbaoua.

La mouture finale du nouveau découpage n’est pas encore finalisée, elle nécessite des études et des concertations avec toutes les parties prenantes.

Pour mettre en œuvre le plan d’autonomie, le nouveau découpage prévoit de regrouper les trois régions sahariennes (Dakhla Oued-Eddahab, Sakia El Hamra, Guelmim-Oued Noun) en une seule entité, avec Laâyoune comme centre administratif. Il est prévu également de rattacher les localités de Akka et Foum Lahcen relevant de la province de Tata à la province d’Assa Zag.

La commune rurale d’Al Mahbès, proche de la frontière avec l’Algérie, sera rattachée à la province de Smara. En raison de sa vulnérabilité et son taux élevé de précarité, le nouveau découpage prévoit de démembrer la région de Draa-Tafilalt et répartir ses provinces dans les régions de Souss-Massa et de MarrakechSafi. L’objectif est de permettre à ces provinces de bénéficier d’un environnement économique plus dynamique.

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